lundi 22 octobre 2012

Top 10 des raisons de ne pas fêter le 23 octobre


Nous y sommes: le fameux 23 Octobre est là! Une année exactement après les premières élections <mettez les adjectifs habituels ici> de la Tunisie après la révolution de <mettez les bobards habituels ici>. 
Le gouvernement provisoire et l'assemblée nationale constituante, désormais moralement illégitimes,  devraient faire profil bas après cette année agitée et peu fructueuse. Mais fidèles à leur identité arabe et arabisante, ils osent nous demander de fêter ça: ( العراء و الڨراء و قلّة الحياء )
Même s'il suffit de suivre l'actualité pour comprendre pourquoi il ne faut pas faire la fête demain, nous avons décidé d'aller plus loin et de vous présenter les raisons moins évidentes (En fait je suis tout seul mais "nous" ça fait plus sérieux).



  1. Parce que 23 c'est très banal comme chiffre, le seul 23 connu c'est le numéro de Michael Jordan.
  2. Parce que les électeurs CPR et Takkatol ne veulent pas se rappeler cette date et ceux de Dostourna, ne supporteraient même pas le choc.
  3. Parce que c'est le jour où on a découvert Hechmi Hamdi et l'incompétence des instituts de sondage tunisiens.
  4. Parce que "t'as vu un peu ce qui se passe à l'assemblée constituante?" Sérieusement, c'est encore plus drôle que lorsque Sakhr Materi prenait la parole dans le parlement de Ben Ali.
  5. Parce qu'on est en état d'urgence et que c'est interdit donc.
  6. Parce qu'on espère que ça ne soit pas les seules élections libres et que nos enfants n'aient pas à payer le prix du sang pour voir un tel jour dans 23 ans.
  7. Parce qu'on ne veut pas d'un nouveau 7 Novembre oui même si ça serait sympa d'avoir un nouveau jour férié.
  8. Parce que 23 c'est le nombre d'années de règne de Ben Ali et les coïncidences ne sont que des "pokes" de la vie.
  9. Parce qu'on a déjà fêté dignement l'indépendance et la république (20 Mars et 25 Juillet) avec de beaux drapeaux rouges dans les rues et tout. Comment ça Non? Ah oui c'est vrai pardon. Mais on a eu de l'animation pour le 9 Avril non? OK, je la ferme.
  10. Parce que on n'est pas content et que c'est une raison suffisante

mardi 21 août 2012

Télérama-dan: Maktoub et les autres.



50.000! C’est le nombre de personnes qui sont tombées sur ce blog ces dernières semaines en tapant sur Google « Maktoub 3 ». Je me vois donc obligé de poster un billet sur ce phénomène.
(Je ne vais pas dénoncer les personnes qui ont utilisé des mots clés plus explicites 7acha hel ch’har).

Comme j'ai pas regardé tous les épisodes de Maktoub 3, (Mytho!), je vais me contenter d'une critique superficielle et futile, comme tout le monde
.
Tout d’abord bravo à Sami Fehri qui dénonce et critique les pratiques des « Trabelsi » à travers le personnage de Youssef Belchikh. (Fin de la blague)

Commençons par le cas Najeh le tocard – Feriel la nymphomane avec cette fameuse scène: L’employé sonne à la porte, la femme du patron, riche mais en manque d’affection, vient ouvrir. Après quelques allusions qui ne laissent pas beaucoup de place à l'imagination, elle l’invite à la rejoindre dans sa chambre..
Vous avez une impression de déjà-vu, n'est-ce pas? C’est normal, comme les auteurs de Maktoub, vous regardez trop de films pour adultes.
Je sais ce que vous avez pensé de Najeh sur le moment : « QUEL CON ! Mais QUEL CON ! Ce n’est pas permis de rater une occasion pareille bon sang ! ». Non mais vous n’avez pas honte? Cet homme mérite notre respect pour avoir refusé de succomber à la tentation par amour pour sa famille. Il n’y a plus beaucoup de cons de gentlemen comme lui. Quant à Feriel, on peut bien se demander ce qu’elle a pu lui trouver. La réponse est simple : son  SWAG!
Plus sérieusement, ça ne s’explique pas ce genre de choses, y a des gens qui ont des goûts de merde tout simplement. 
Heureusement cette histoire va bien se terminer: après le suicide de Chekra, la mort de Fatma et la rupture de Feriel, ils vont se marier et avoir 2 beaux enfants. Quoi vous ne me croyez pas ? Regardez..

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D'accord, les mômes c'est pas des lumières et le cerveau de Najeh a gardé des séquelles de la prison, mais ils sont heureux et c'est tout ce qui compte.

En parlant de prison, Elyess en est sorti, et lui aussi en a gardé des traces, la preuve: il ne s'est pas rendu compte que sa femme le trompait avec Adel Chedly alors que toute la Tunisie est au courant, ni qu'elle était enceinte! Et puis il y a eu cette fameuse scène avec son père dans le lit où il fait la grande cuillère: moment gênant pendant lequel vous avez fait semblant de regarder ailleurs. On connaissait le complexe d'Oedipe, mais l'Oedipe gay, on découvre! C'est l'effet des prisons tunisiennes sans doute, elles ont converti plus dur que lui me direz-vous.

Sans transition, passons maintenant au cas Lotfi Bouchnak: "Sid'Ahmed" qui devait donner à Jamila des cours de musique, mais qui en réalité voulait lui faire jouer de son instrument.
Sa performance en tant qu'acteur nous fait regretter l'époque où il chantait ( معاً، معاً، معاً من أجل تونس، معاً ) On peut dire sans exagérer que sa moustache était plus expressive que lui. Cependant, il faut reconnaître qu'il n'était pas aidé par le texte, en effet, dans toutes ses répliques il devait glisser ( على سنّة الله و رسوله ), une catch-phrase foireuse? un pari perdu? On le saura dans Maktoub 4.

Maktoub 3 c'était aussi l'occasion pour beaucoup de tunisiens de découvrir "Bang, bang" (Attention ça commence avec un B) et nous la faire détester par la même occasion tellement on l'a entendue ces derniers jours, et le dernier film qui cartonne: "Pulp fiction". Tout ça grâce à l'amour impossible de deux jeunes dont les parents se détestent (tiens, ça me dit quelque chose). L'histoire est bouleversante: il essaye de la violer mais elle réussit à se sauver, puis ils décident de se marier. Un jour ils raconteront cette histoire à leurs enfants et ils en rigoleront ensemble.

Voilà donc la preuve qu'on peut tenir en haleine 80% des tunisiens (même ceux qui ne l'avoueront jamais) avec trois fois rien. Vivement la saison 4 qui risque d'être réservée à un public averti.


On revient après la pub! (bein quoi? vous pensiez y échapper?)

La star incontestable de ce ramadan c'est le crevard qui va chez Tunisie Télécom demander des trucs gratos. Pour ceux que ça intéresse, l'offre est une arnaque, comme d'habitude quoi. Mais le problème c'est le mec qui est tellement lourd, qu'on a besoin d'un truc après pour digérer, je vous conseille d'éviter Activia qui, un an après, ne font toujours pas la différence entre un ballon de baudruche et un ballon de foot, tournez vous plutôt vers Bifi un yaourt qui permet de perdre du poids (rien que ça).
Pour les gros moyens, il y a la pub pour le biscuit "Smile" qui se paye des effets spéciaux à couper le souffle et Johnny Depp en prime, j'espère que les américains ne regardent pas la télé tunisienne...
Pour nous achever, Lamine Nahdi revient à Paris encore une fois pour faire une pub bien raciste, après le "Boga w fi Bariz" il y a 20 ans, on a droit au "Moi avant vous classement mondial", on salue la boîte de pub qui a fait ça, et on leur souhaite une mort lente et douloureuse.

L'autre programme qui a réussi à intéresser les téléspectateurs, pendant 3 jours et demi à peu près, car après c'est devenu lamentable, c'est le "Temse7" qui a dévoilé cette triste réalité: les politiciens et journalistes tunisiens ne savent pas "réponser" en français comme notre cher 1er ministre, donc pas de honte à avoir, et pour ne rien arranger, ils sont racistes. J'en reviens pas: des arabes racistes! C'est comme des gays homophobes, ou des femmes misogynes, mais rien n'est surprenant dans un pays où Marzouki peut être président et Bouchléka ministre.

Sinon, je ne sais pas par quel miracle, tous les feuilletons ont eu la même idée: mettre la photo de Ben Ali dans tous les plans pour montrer que les évènements se déroulent avant la révolution. J'ai finalement trouvé une explication:  ils l'ont fait parce que sinon, on aurait pas compris qu'il s'agissait de l'avant 14 Janvier, car toutes les manigances dénoncées existent encore aujourd'hui. On a eu droit à quelques belles scènes de torture, et une immersion dans le monde particulier de la police politique (Hamma Hammami a kiffé) grâce à Catherine, qui est le nom du personnage le moins important du feuilleton éponyme. C'est comme si Maktoub 3 s'appelait "Le frère de Chekra le taxiste".

Je voulais aussi écrire 3 mots à propos de "Chobik Lobik": What Ze Foque? Quelqu'un a compris quelque chose? C'est le seul truc qui nous fait regretter la pub. Mais bon, le générique est génial, ( شوشوشو شوبيك، لولولو لوبيك، رمضانك مبروك صحّة الشربة و البريك )

Il parait que TTN1, TTN2 et Hannibal ont aussi fait des trucs mais personne n'a regardé, enfin, à part l'assemblée constituante qui reste l'émission la plus drôle de l'histoire de la télévision tunisienne. AIDKOM MABROUK!

samedi 5 mai 2012

Le petit La3roussi illustré

Avec toutes les nouvelles expressions parachutées dans le vocabulaire du tunisien moyen, la rédaction du Trocadéro vous offre ce petit recueil explicatif.

Le Digage ( نعملو ديڨاج للمدير )

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est bien Digage et non pas Dégage, et c'est un nom pas un verbe. 
Alors si un collègue te propose de faire un "Digage" au patron, il faut comprendre 2 choses: la 1ère c'est qu'il veut dire rassembler un petit groupe d'employés et crier en chœur "Digage, Digage" en faisant un geste de la main (sorte de petite gifle symbolique) et la 2ème, c'est qu'il faut lui faire croire que tu es d'accord, puis aller le dénoncer au patron. Il saura t'en remercier.
Dans cet exemple, le patron a su rester très digne face au "Digage". Respect monsieur!

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L'Alibi ( وين كنت قبل 14 جانفي؟ )

Rien à voir avec la Libye. On connait tous la fameuse question que pose la police au suspect dans les polars "Vous étiez où la nuit du 13 au 14 entre 21h30 et 22h?" et bien en Tunisie, c'est un peu plus vague "t'étais où avant le 14 Janvier?" question souvent posée pour montrer que son interlocuteur n'a pas un passé de militant et donc aucune légitimité après le 14 et qu'il doit fermer sa gueule. 
La réponse "J'étais en Tunisie, contrairement à toi connard" est souvent très efficace (bien insister sur le "connard" à la Bigard). 

L'Homlette ( أحنا علاش عملنا ثورة؟  )

Telle est la question! (Hamlet peut aller se rhabiller avec son "être ou ne pas être?"). 
Et comme une omelette, on peut mettre tout ce qu'on veut dedans, alors quand quelqu'un pose cette question, ce n'est pas la peine de réfléchir à une réponse, car il va te donner la sienne (celle qui l'arrange quoi). Question posée la plupart du temps par quelqu'un qui pense que la révolution c'est Kasbah 2.

Que demande le peuple? ( الشعب يريد تاتاراتاتا )

Tu as envie d'imposer une idée foireuse? Tu veux réaliser un projet tordu? Nous avons la solution! Rassemble un petit groupe de quelques dizaines de personnes et fais les répéter ce slogan en remplaçant le "Tataratata" par tout ce que tu veux: Nouvelle constitution? Faire tomber le régime? Vendre la télévision nationale? 
Essaye quand même de leur expliquer ce qu'ils demandent sinon ça risque de tourner au ridicule (On se souvient tous du "Alcha3b yourid majless ta2sissi") mais ça passera quand même.



Les nouveaux anciens ( أزلام النظام البائد )

Même si tu ne connais pas le sens de 2 des 3 mots qui composent cette expression, tu peux l'utiliser en absence d'arguments valides (donc très souvent) pour attaquer quelqu'un qui s'oppose à toi. 
Tout comme les attaques des Pokémon, It's super effective! Surtout si tu as une armée de perroquets derrière toi pour répéter tout ce que tu dis.

Le déchu ( المخلوع )

Quelle décheption pour celui que personne n'ose plus nommer (Pardon, honteux je sais). 
On ne comprend toujours pas pourquoi tout le monde évite de le nommer, certains prétendent que prononcer son nom le ferait revenir, d'autres disent que même avant on ne le nommait pas, mais on l'appelait ( المعلّم ). 


Une friandise qui n'a pas attendu le 14 Janvier

Les autres ( بعض الأطراف، مجموعات )

Comme le disait Jean-Paul Sartre, "L'enfer, c'est les autres"! 
Et ça même sans connaître Sartre, les tunisiens l'ont vite compris. Déjà tout petit, quand on fait une connerie, on dit que c'est les autres, ZABA dans sa fameuse trilogie ( بكل حزم، القانون هو الفيصل، غلطوني ) parlait de bandes masquées et de groupes d'individus, et c'est sans originalité que le gouvernement emploie ces termes pour justifier la violence, sans jamais nommer personne (ah si, ils ont accusé un certain Joseph Staline une fois)



Légitime défonce ( حكومة شرعية منتخبة )

On te défonce et c'est légitime. Parce que maintenant nous sommes un pays démocratique, et c'est celui qui a le plus de votes qui a toujours raison et qui mérite qu'on lui lèche les baskets (ou la "chléka", ça dépend de la saison). 
Celui qui ose critiquer est un traître qui n'a rien compris à la révolution, tout le monde sait qu'en démocratie, on doit s'aligner derrière le gouvernement. (Pour les plus lents, oui c'est du sarcasme).

Le point-virgule ( صفر فاصل )

Expression employée par 35% des tunisiens pour désigner le reste des citoyens. Heureusement que les arabes ont inventé le zéro, sinon on était dans la merde!


Le point Godwin tunisien ( تذكرنا في ممارسات النظام السابق )

C'est le même principe que la loi de Godwin, en remplaçant les nazis par le RCD et Hitler par Ben Ali: "Plus une discussion dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant le RCD ou ZABA s'approche de 1".


Voilà maintenant vous avez les bases pour participer au débat national autour de... de... enfin, n'importe quel débat qui ne concerne pas les vrais problèmes des tunisiens. (To be Continued)

jeudi 22 mars 2012

H. Jebali: La communication à l'américaine

93% de la communication est non verbale! En effet, les mots utilisés ne représentent que 7% de notre communication (Ce sont les américains qui le disent donc ça doit être vrai). 

Pour cette raison, les hommes politiques ont de plus en plus souvent recours à des coachs en communication pour travailler la partie non verbale. Car c'est facile de raconter des mensonges, mais faire en sorte que les gens y croient, c’est un peu plus compliqué. 

Cette pratique a commencé aux États-Unis dans les années 60, aujourd’hui elle est plus répandue. On peut citer comme exemples Obama et McCain les deux candidats à la présidence US en 2008, Sarkozy et Hollande, candidats à la présidence en France ou encore Vladimir Poutine, etc. 

Pourrions-nous voir cette pratique chez nous bientôt? Magnéto Serge…

OK je vous l’accorde je ne suis pas près de décrocher un Oscar pour ce montage, mais l’idée est là : H. Jebali semble assez bien maîtriser son sujet, et il a toute la panoplie du parfait petit communicateur. (Toutes ces images sont prises d’une même interview). 

Le geste qui revient le plus souvent est celui de joindre le bout des doigts écartés, main contre main. Jebali revient à cette position plus de 20 fois pendant cette interview.


Ce geste est l’un des plus utilisés par les politiciens pour donner une impression de maîtrise, de confiance et d’écoute. Le geste du simulateur par excellence car même s’il peut donner l’impression d’être naturel, on y regardant de plus près, ce est pas du tout le cas! Combien de fois avez-vous utilisé ce geste aujourd’hui? Pas loin de zéro, hein?

D’ailleurs, dans cette interview, le premier ministre utilise beaucoup ses mains pour illustrer ses propos, pour rythmer ses phrases et pour faire passer des messages « non verbaux ». Admirez un peu cette belle chorégraphie :


Mais ce n’est pas le seul point travaillé dans la communication de Jebali, il y a aussi la posture : il se tient bien droit et calé au fond de son fauteuil cela donne une impression de stabilité et d’équilibre. Le deuxième point important est la voix : à aucun moment on ne sent un changement brutal du volume, du ton ou du débit et ce genre de détail est aussi très important car il crée un sentiment de confiance et rassure les auditeurs. Le dernier point qui retient l’attention et non le moindre, ce sont les silences au milieu du discours : plusieurs fois au cours de l’interview, H. Jebali s’arrête pendant une ou deux secondes, et affiche un large sourire ou un froncement des sourcils selon le contexte : le but étant de marquer le coup : il vient de dire quelque chose d’important et il veut que les receveurs saisissent bien cela. Tous les bons communicateurs savent que les silences sont aussi importants que les mots, et même parfois encore plus efficaces. 

Ainsi lors de cette première rencontre avec les tunisiens, le 1er ministre a fait un sans-faute, mais il faut dire que les circonstances étaient idéales: il est clair que toute la mise en scène a été travaillée, il a même peut-être répété avant le show et n’oublions pas que les journalistes en face ne faisaient pas le poids, à aucun moment ils n’ont essayé de mettre Jebali en difficulté.

Pour voir ce que vaut la communication du chef du gouvernement provisoire, observons le dans des conditions un peu moins favorables : interview en français, par une journaliste de France 24 qui va chercher à le déstabiliser, et surtout une journaliste habillée de façon fort séduisante! Observez plutôt la vue qu’a l’islamiste Jebali :



Lors de cette entrevue au forum de Davos, H. Jebali va essayer tant bien que mal d’appliquer toutes les astuces du manuel mais certains détails ne trompent pas.


D’abord il est cramponné à son siège, ses mains vont rester dans cette position presque tout le temps, il est crispé et très mal à l’aise alors il s’accroche pour se protéger.



Son sourire est forcé et vraiment très différent du large sourire dont il abuse quand il fait le fier à chaque fois qu’il se trouve face aux médias tunisiens. Il n’est pas bien du tout là.


Au milieu de l’interview, il croise les jambes alors qu’il essayait de rester serein jusqu’à maintenant, interprétation : il se ferme complètement et se protège, à ce moment il est sur la défensive.

Je sais ce que ça peut paraître ridicule pour certains, mais ce genre d'interprétation est très utilisé par les analystes politiques (voir "Synergologie" ou "analyse gestuelle"). 

Toutefois, même avec ces quelques signes de faiblesse, le 1er ministre tunisien s’en sort très bien, au niveau du discours surtout, il a réussi à éviter les mines posées par la journaliste, et il a parfois fait preuve de réponses très perspicaces (lien de l'interview).

Je me rappelle avoir fait la réflexion pendant la campagne électorale en pensant que Jebali imitait Obama avec ses discours en public, micro en main, style décontracté et manches relevées en opposition totale avec les autres candidats qui se cachaient derrière un pupitre ou assis derrière une table.


Je n'irai pas jusqu'à insinuer que notre 1er ministre provisoire ait été formé par les américains (non, non n'insistez pas), mais ce qui est certain c'est qu'il a été bien briefé!

Pour le prochain billet, je vais m’intéresser au cas Marzouki pour montrer que lui par contre, c'est sûr qu'il n'a pas été aidé et qu'il n'y connait absolument rien.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, ce documentaire est simplement grandiose, je vous le conseille vivement!